Organismes, institutions et laboratoires de recherche

Les chercheurs se regroupent pour échanger sur leurs travaux et confronter leur expertise au sein de sociétés scientifiques aussi appelées « sociétés savantes ». Ils peuvent être amenés à témoigner de leur expérience auprès de multiples institutions plus ou moins directement concernées par la thématique des champs électromagnétiques.

Sociétés scientifiques

Les principales sociétés scientifiques de recherche sur les effets biomédicaux des champs électromagnétiques sont la Bioelectromagnetics Society (BEMS) implantée surtout aux Etats-Unis et comprenant environ 500 membres, et l’European Bioelectromagnetics Association (EBEA) en Europe comprenant 170 membres. D’autres sociétés possèdent des sections spécialisées : l’Union Radio Scientifique Internationale (URSI), qui a créé il y a quelques années une commission sur les effets biomédicaux des champs électromagnétiques : la commission K, de même qu’en France la Société Française de RadioProtection (SFRP) comprend une section Rayonnements Non Ionisants (RNI).

Les chercheurs de ces sociétés ont formé le noyau d’actions de concertation européennes (COST 244 et 244bis : "Biomedical effects of electromagnetic fields" et COST 281 : " Emerging technologies – Health effects of electromagnetic fields "), et ont permis la constitution de réseaux pour participer aux projets européens. Huit projets ont ainsi été financés dans le cadre du 5ème Programme Cadre de Recherche et de Développement (PCRD), et un projet intégré de suivi et de conseil scientifique a été soutenu dans le 6ème PCRD (EMF-NET). Une nouvelle action COST, BM0704, est en cours depuis le 15 novembre 2007 : " Emerging EMF Technologies and Health Risk Management ".

Institutions

Différentes institutions impliquées dans la santé mènent des actions sur les champs électromagnétiques.
L’Organisation Mondiale de la Santé dans le cadre de son projet "EMF International Project ", fait le point des recherches en cours, identifie les connaissances à compléter, édite des critères de qualité de la recherche et essaie d’harmoniser les normes dans les différents pays. Elle réunit une à deux fois par an les représentants nationaux du Comité Consultatif (" Advisory Committee ") de l’" EMF International Project ".

La direction Santé et Protection du Consommateur (DG SANCO), en association avec la DG ENTR (Entreprises) et la DG INFSO (Société de l’Information), a développé une action de coordination de la recherche sur ce thème au sein du Centre Commun de Recherche européen (CCR ou JRC) d’Ispra près de Milan. Le JRC est en partie à l’origine du projet intégré EMF-NET.

Le ministère chargé de la santé a réuni un groupe d’experts sur la téléphonie mobile en 2000 et un autre sur les champs d’extrêmement basses fréquences liées à l’électricité en 2003. Le bureau de la Direction Générale de la Santé (DGS) en charge de cette thématique est le Bureau 7B " Air, sols et déchets ", dans la Sous-Direction 7 : Gestion des Risques des Milieux. Le bureau des rayonnements a été intégré dans l’Agence de Sûreté Nucléaire (ASN), tandis que la thématique des RNI a été prise en charge initialement par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET) dans le cadre des Agents Physiques, ensuite devenue ANSES (Agence Nationale de sécurité sanitaire, de l'alimenation, de l'environnement et du travail) après sa fusion avec l'AFSSA. .

L’ANSES a été chargée de mettre à jour les rapports sur la téléphonie mobile en 2003, en 2005 et en 2009. Elle est aussi en charge de saisines sur d’autres thématiques liées aux champs électromagnétiques (Wifi, RFID, …) dans le cadre du CES Agents Physiques. Elle lance des appels d’offres à projets de recherche dans ce domaine.

Une Fondation a été créée en France de 2005 à 2010 pour financer les recherches sur la thématique des champs radiofréquences et l’étude de leurs effets sur la santé : la Fondation Santé et Radiofréquences. Ces missions ont ensuite été transférées à l'ANSES.

Laboratoires de recherche

Le groupe de Bio-électromagnétisme du laboratoire CNRS de l’Intégration du Matériau au Système (IMS) à Bordeaux (précédemment connu sous le nom de PIOM - Physique des Interactions Ondes-Matière), étudie les effets biologiques et les mécanismes d’interaction des champs électromagnétiques aux niveaux cellulaires et in vivo. Ce groupe est situé au sein de l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie et de Physique de Bordeaux.

Des études sont également menées au Centre de Recherche du Service de Santé des Armées (CRSSA) à Grenoble, à l’IETR à Rennes et au LASMEA à Clermont-Ferrand.

Plusieurs autres laboratoires travaillent sur la dosimétrie et les systèmes d’exposition, ou sur les interactions avec les appareils électroniques médicaux (implants actifs) : le laboratoire commun Wave Human Interactions and Telecommunications - Institut Télécom / Orange Labs (WHIST LAB), l’Ecole Supérieure d’Electricité (SUPELEC), le Laboratoire d’Instrumentation et d’Electronique de Nancy, l’Institut de Recherche en Communications Optiques et Microondes (ex-IRCOM, maintenant XLIM) à Limoges, l’Ecole Centrale de Lyon (AMPERE, précédemment connu sous le nom de CEGELY), et dans l’industrie Alcatel.

A côté des laboratoires universitaires et des grands organismes, deux instituts sont particulièrement impliqués dans la recherche sur cette thématique en France :

  • l’INERIS, dont les travaux de recherche portent principalement sur les effets biologiques et sanitaires des téléphones mobile s sur le système nerveux, avec des compétences pour la mesure et la conception des systèmes d’exposition ;

  • l’INRS, à Nancy, spécialisé dans la mesure et la mise au point de méthodes de prévention. L’INRS a coordonné un groupe de travail comprenant des ingénieurs des centres interrégionaux de mesures physiques des Caisses Régionales d’Assurance - Maladie (CRAM) ; à Paris, un service répond aux questions des médecins du travail et des personnels de sécurité et administratifs tandis qu’un autre est en charge des normes.

Au niveau européen, les équipes universitaires les plus actives dans ce domaine sont en Italie avec l’association interuniversitaire ICEMB qui regroupe en particulier des laboratoires de Rome (Université La Sapienza ; ENEA ; Institut d’Hygiène de la Santé), de Bologne, de Milan, de Gênes et de Naples.

Quatre équipes sont regroupées en Belgique au sein du groupe de Bioélectromagnétis me belge (BBEMG).

D’autres équipes sont dispersées et isolées chacune dans leur pays :

  • la plus importante en suivant étant celle du NRPB, maintenant absorbé dans l’HPA (Centre for Radiation, Chemical and Environmental Hazards - département Radiation Protection) ;

  • une équipe privée en Angleterre (Camelia Gabriel, MCL Microwave Consultant Limited) ;

  • plusieurs équipes en Allemagne (Darmstadt, Aix-La-Chapelle, Frauenhofer…) ;

  • une équipe de dosimétrie en Suisse ;

  • le Karoslinska Institut et l’Institut de Santé au Travail (Arbeitsliv Institut) à Stockholm, et un laboratoire de mesure et dosimétrie à Göteborg en Suède ;

  • une équipe en Norvège ;

  • trois en Finlande (Santé au Travail, dosimétrie et effets biologiques) ;

  • deux équipes en Slovénie (mesure et applications thérapeutiques) ;

  • l’Institut d’Hygiène et Radioprotection en Hongrie...